Architecte de l’intérieur, au service des murmures des lieux

Architecte de l’intérieur : pourquoi “de l’intérieur” ?

Dans L’Écume des jours, Boris Vian imagine des espaces et des objets sensibles, réactifs à l’histoire d’amour de Colin et Chloé.
Cette vision me fascine depuis toujours : pour moi, il n’existe aucune frontière entre littérature, design, art, philosophie ou architecture.
Tout est lié par un même fil conducteur : la sensibilité, l’intuition, le ressenti, la question et la création.

1988

Une passion née de l'enfance

Petite, je passais devant de majestueuses villas Belle Époque à Chelles (77), construites autrefois pour attirer les Parisiens en villégiature.
Parmi elles, La Tourelle occupait une place particulière dans mon imaginaire : grande, élégante, coiffée d’un toit d’ardoise, elle abritait mille histoires dans mon esprit d’enfant.

Puis un jour, elle a disparu, remplacée par un immeuble gris-béton qui n’a, ironie du sort conservé que le nom qu’elle avait sur sa plaque émaillée.

Cette perte m’a profondément marquée.
Adolescente, j’ai vu tout un centre-ville rasé au profit de bâtiments sans âme.
J’écrivais sur les panneaux de démolition et je distribuais des tracts…
Déjà, je ressentais le besoin de défendre la mémoire des lieux.

L’architecture intérieure comme évidence

Dans ma chambre, chaque mur devenait alors un terrain d’expression.
Je conceptualisais, j’expérimentais, j’imaginais.
C’est tout naturellement que j’ai choisi, une fois mon bac littéraire en poche, d’en faire mon métier.

Diplômée et mentionnée en Architecture d’Intérieur & Design en 2008 (L.I.S.A.A.), avec mon projet MUR MUR, je posais sans le savoir les fondations de ma direction intérieur. Une attention aux strates, au temps et à la mémoire des lieux – comme un message discret m’invitant à croire en ce qui m’animait déjà…

ÉCOUTER LES MURS

Pendant 11 ans, j’ai travaillé au sein d’une agence spécialisée dans le CHR — cafés, hôtels, restaurants — des établissements recevant du public, souvent soumis à des contraintes réglementaires fortes. Ce cadre m’a permis d’exercer les différents versants du métier : la conception, les dossiers administratifs et le suivi de chantier.
J’y ai appris l’importance de l’écoute : celle des propriétaires, qui racontent les souvenirs de leur lieu, et celle des murs eux-mêmes, qui conservent les traces de vies passées.

Chaque projet commençait pour moi par une enquête sur l’histoire du lieu : cartes postales anciennes, détails d’origine, éléments architecturaux oubliés…

Lorsque je suis intervenue en 2016 sur Le Bergerac — nom donné dans les années 70 — mes recherches ont fait réapparaître son identité première : Le Café des Deux Gares. Le projet s’est alors naturellement orienté vers un retour à l’essentiel : retrouver son nom, révéler la pierre cachée sous le marbre et puiser dans les anciennes cartes postales pour redonner à la façade sa mémoire et son caractère. Un projet fondateur dans mon approche : révéler l’histoire des lieux plutôt que l’effacer. 

Au-delà des modes : créer du sens

Les tendances ne sont pas mon moteur.
Mon travail s’inscrit plutôt dans une recherche de sens : ancrer un lieu dans son histoire tout en l’ouvrant pleinement au présent.

On parle beaucoup aujourd’hui de l’âme des lieux, des objets, de leur mémoire — et c’est une bonne chose. Pour moi, ce n’est ni une posture ni un effet de mode, mais une manière d’aborder les espaces depuis toujours, avec sérieux et respect. Il ne s’agit pas d’en faire un discours, encore moins d’en abuser, mais de reconnaître ce qu’un lieu porte vraiment, au-delà des apparences, sans artifice ni trichererie.

J’ai une affection particulière pour l’Art déco, les bâtisses anciennes, les murs grattés, texturés, surannés — tout ce qui porte la trace du temps. Cependant, je ne travaille ni avec des cibles ni avec des personas, mais avec des êtres humains et des histoires à écouter.

Qu’un lieu soit ancien ou tout juste sorti de terre, il a toujours quelque chose à révéler et il vous appartient pour une raison…

Une approche consciente et holistique

Une approche aujourd’hui pleinement assumée grâce à ce que l’on nomme psychologie de l’habitat, à la croisée de l’architecture d’intérieur consciente et d’une lecture holistique des lieux.

Je l’utilise comme un meuble de métiers : le Feng shui,  la symbolique des couleurs, les sensations liées aux 5 sens, l’énergie des objets & des formes … autant de tiroirs que j’ouvre selon le lieu, la rencontre et ce qui se ressent. Chaque projet est unique, parce que chaque histoire l’est aussi ; il s’agit alors d’écouter, de s’adapter et de laisser émerger les idées et les directions les plus justes.

Entre intérieur et intériorité

Nous sommes comme des poupées russes : faits de strates, de mémoire, de rêves et de silences. Les lieux aussi portent leur histoire, leurs transformations, leurs empreintes invisibles. Ils évoluent avec ceux qui les habitent, comme nous évoluons avec eux.

Mon rôle est d’écouter ce dialogue subtil entre votre intériorité et votre espace, puis de le traduire concrètement : avec sensibilité, intuition, mais aussi avec l’expérience technique que j’ai acquis et la rigueur nécessaires pour donner forme à ce qui se ressent.

Parce qu’un lieu juste naît toujours de l’alliance entre l’émotion, la matière et le savoir-faire. ♥

Et si nous donnions voix à votre lieu ?

Vous avez un projet d’aménagement, de rénovation ou de transformation ? Je vous accompagne avec une écoute bienveillante, une approche sensible et un savoir-faire technique éprouvé.